Conseils aux étudiants. Aucun rapport avec l’informatique. Ou presque.

Les études sont parfois un vrai parcours du combattant. Les étudiants (et futurs étudiants) sont souvent perdus et ne savent pas quelle université choisir, quelle formation suivre.

Voici un article intéressant, pour les étudiants : Savoir s’orienter au cours de ses études de droit.

Les conseils sont applicables aux autres filières, avec quelques corrections. Je vais ajouter quelques notes, sur l’informatique (mon boulot actuel) et la biologie (mes études).

TL;DR

Pour résumer les points importants de l’article de  Patrick Morvan :

  1. Voyagez !
  2. Étudiez les débouchés. Ne vous contentez pas de ce qui est le plus évident.
  3. Apprenez l’anglais. Et voyagez.
  4. Soyez régulier. Entretenez votre curiosité 
  5. Identifiez les domaines pourvoyeurs d’emplois. Eviter d’aller étudier la psychologie comparée des batraciens.
  6. Suivez un parcours cohérent. Choisissez ce que vous voulez faire et faites vos choix en fonction de ce parcours.
  7. Pensez aux alternatives. La vie n’est pas une ligne droite.
  8. Ne soyez pas passif. Vous êtes responsables de vos échecs, faites en sorte de ne pas avoir trop de regrets plus tard.

Sur l’anglais

A vrai dire, je suis assez surpris que l’anglais et l’expérience à l’étranger soit le premier conseil donné pour un étudiant en droit. J’aurais cru que seuls ceux qui se spécialisent en droit international avaient besoin de ce conseil. (Je reconnais mon ignorance des études de droit, en particulier des débouchés. Manifestement, beaucoup finissent dans le privé).

Mais si l’anglais est important pour un étudiant en droit (dont toutes les publications des juridictions françaises seront en français), que dire pour un étudiant en informatique ou en science, dans lequel TOUTES les publications et conférences sont en anglais ?

N’attendez pas le master pour commencer à étudier l’anglais. Et surtout ne vous contentez pas des quelques cours de langue obligatoire en première année. Apprenez régulièrement tout au long de vos études.

Et pratiquez ! Pas uniquement avec d’autres français, en France, mais allez à l’étranger, en immersion. Pas d’excuse pour ne pas le faire, le coût des billets de train et avion n’a rien a voir avec ce qui se faisait il y a 20 ans.

Ne partez pas que pour un week-end, en touriste. Partez plus longtemps, vivez sur place, pour vous habituez à parler anglais au quotidien. Vous pouvez faire cela pendant vos vacances pour travailler ou des stages.

Un point extrêmement important à savoir : vous n’avez pas besoin de parler (correctement) l’anglais pour partir travailler à l’étranger. On insiste beaucoup en France sur les certifications (TOEIC, TOFL, etc.) et les tests d’anglais en entretiens d’embauches, mais les employeurs sur place sont moins exigeants (surtout pour des boulots étudiants). Il vous faut avoir un minimum (qui dépendra du boulot : « bonjour » et « au revoir » pour travailler comme serveur, un peu de vocabulaire technique pour un stage en laboratoire), mais rien d’insurmontable.

Les stages a l’étranger permettent de pratiquer la langue, en utilisant le vocabulaire spécifique à votre domaine, de vous faire des contacts avec chercheurs, de valoriser votre CV pour vos futurs recherches d’emploi. C’est très intéressant et certaines écoles l’ont compris et imposent un stage à l’étranger à tous leurs étudiants.

Pour être bien précis : je ne dis pas que les certifications (TOEIC, TOFL) sont inutiles sur votre CV. Simplement qu’il ne faut pas attendre d’avoir un niveau d’anglais élevé pour partir à l’étranger.

Sur la lecture de publications

Contrairement au droit, où la majorité des publications intéressantes pour un étudiant sont en français, en informatique et en science, les publications intéressantes seront très rapidement en anglais. Il existe probablement des publications correctes en français (je ne suis plus du tout), mais vu l’importance de l’anglais, autant se mettre tout de suite aux revues en anglais.

Une autre différence avec le droit est l’importance des publications papiers. On peut imaginer sans problème qu’un juriste français doit consulter très régulièrement des documents papiers, mais c’est moins vrai en science (bien que beaucoup imprime encore les articles qu’ils lisent. Et les cahiers de laboratoire sont normalement des documents papier) et en informatique.

Il existe de nombreuses revues et articles accessibles en ligne. Il vous faudra chercher un peu pour faire le tri, mais vous pouvez commencer par les moteur de recherche de ressources scientifiques. Vous pouvez également suivre des sites d’agrégation de nouvelles scientifiques tels que Reddit.

(Pour le C++, vous pouvez suivre https://isocpp.org/ et https://www.reddit.com/r/cpp/)

Mais beaucoup de publications scientifiques, en particulier les plus prestigieuse (Nature, Science, etc.) sont payantes (voire chères). Allez dans les bibliothèques universitaires, elles sont abonnées à ce genre de revues.

Sur les polémiques

La qualité de l’enseignement universitaire en France et le rôle des enseignants et du système dans les problèmes est une discussion régulière sur le forum d’OpenClassRoom. Un point est sur : tout le monde a une vision personnelle de cette problématique, basée sur son expérience personnelle. Il faut donc prendre les polémiques avec du recul.

Cela étant précisé, voici mon point de vue : je suis d’accord sur les points indiqués par l’auteur de l’article. Aussi bien sur le système (statuts de la fonction publique, évaluation de l’activité des enseignants, fonctionnement en corporations) que sur les enseignants (abandon, désintérêt pour les étudiants, résistance au changement).

Une différence entre le droit, l’informatique et la biologie sur la recherche : dans les matières scientifiques, les enseignant-chercheurs sont évalués sur leurs publications, qui sont généralement régulières (J’ai le souvenir d’une règle de 2 publications minimales par an. Je ne sais pas si c’est une règle qui s’applique partout). Ce qui n’empêche pas les abus (complaisance pour ajouter un collègue dans la liste des auteurs) et plus généralement la critique de l’évaluation de la recherche sur des critères bibliographiques. Mais c’est une autre problématique.

Concernant les filières fantômes, l’informatique est très particulière : le nombre de formations privées est très grand et le statuts des diplômes délivrés très hétérogènes (diplômes d’ingénieur, masters, magisters, bachelors, certifications, voire aucun diplôme). Le prix de certaines écoles est très élevé, ce qui fait que le discours marketing est très développé. Il est très difficile pour les étudiants (et aussi les professionnels) de faire le tri de toutes ces informations. Privilégiez les formations connues pour leur sérieux (à commencer par les écoles d’ingénieur certifiées CTI).

Sur les MOOC

Ce point n’est pas discuté dans l’article cité, mais dans les commentaires. Je cite :

Il est totalement sans intérêt de dire (note : sur le CV) que vous avez suivi des MOOC juridiques ou autres.

Chaque discipline a une relation particulière avec internet. Le droit et les sciences utilisent beaucoup internet pour la recherche et l’accès aux publications. En informatique, il est très courant de se former en ligne, que ce soit sur un outil ou un langage.

L’intérêt pour les MOOC n’est donc pas le même.

Par contre, je crois qu’il ne faut pas voir les MOOC comme un diplôme ou un complément au diplôme. A mon sens, leur intérêt sur un CV est de montrer

  • une capacité à l’autonomie dans son apprentissage (particulièrement important en informatique pour la formation continue) ;
  • un intérêt particulier pour un autre domaine. Par exemple suivre un MOOC sur l’électronique ou la robotique si on est intéressé par l’informatique embarqué, ou la biologie si on est intéressé par la bio-informatique.
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6 commentaires sur « Conseils aux étudiants. Aucun rapport avec l’informatique. Ou presque. »

  1. Un conseil : ne pas suivre les conseils…La vérité est qu’il n’y a plus de travail pour tout le monde et seuls les gosses de riches seront riches…

      1. @bobdinar

        Je valide votre commentaire parce que je ne suis pas pour la censure, mais ce sont des remarques inutiles et hors-sujet par rapport à l’article.

        Si vous n’avez rien d’intéressant à dire, abstenez-vous de poster un commentaire.

  2. Il manque un petit bout de phrase, non ? 🙂

    « Mais beaucoup de publications scientifiques, en particulier les plus prestigieuse (Nature, Science, etc.). Allez dans les bibliothèques universitaires, elles sont abonnées à ce genre de revues. »

    Bonne année à toi !

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